
Les Livres (en ordre alphabétique)
32 pages libres dans un coffret en bois façonné. 14 lithographies. Poèmes de Tita Reut en typographie. 49 x 33,5 cm. Éd. 60.
Après Afrikan Matricule, réalisé pour Flammarion en 1997 autour d’un poème de Joseph Guglielmi, Arman tient à donner à notre première publication commune un pendant sous la forme d’un nouveau livre d’artiste, cette fois avec son amie proche, la poète Tita Reut. Il a choisi 14 de ses poèmes et créé pour chacun un dessin original, exécuté avec son énergie caractéristique sur papier report lithographique. Le projet réunit image et poème dans une séquence conçue et imprimée à l'atelier. Jean-Paul Guy, le menuisier et fabricant de coffrets avec qui nous travaillions alors étroitement, a complété l’ensemble par un coffret en bois à charnière.

84 pages libres sous emboîtage conçu par l'artiste. 17 estampes en gravure sur bois, gravure au carborundum, lithographie et collage. 33,5 x 25 cm. Éd. 9.
L'atelier de Pierre Balas occupe un ancien moulin, dans un paysage traversé par plusieurs cours d'eau, au bord d'une peupleraie à la géométrie stricte et symétrique. Saison après saison, il en observe la vie animale, les formes végétales et les motifs changeants. Il a conçu Sous la peupleraie comme une sorte de boîte de Pandore renfermant ce qu'il y a recueilli : images d'animaux, empreintes végétales, graines, études géométriques et autres fragments, répartis sur 16 folios en lithographie, gravure au carborundum et collage. À mi-chemin entre l'étude de terrain et l'archive, le livre traduit la peupleraie en un environnement tactile à part entière. Plantés en rangées parallèles qui dessinent aussi des diagonales exactes, les peupliers créent un espace d’une rigueur presque mathématique, où une lumière douce et uniforme se déplace presque imperceptiblement au fil de la journée.


Coédité avec Th.TY. 40 pages reliées sous emboîtage. Texte de Susan Howe en typographie (traduction française de Bernard Rival). 2 diptyques et couverture en gravure sur bois de Stéphane Bordarier. 26,5 x 25,5 cm. Éd. 50.
The Liberties est un quartier populaire de Dublin où Susan Howe se promenait enfant avec sa mère. Elle est revenue sur ce souvenir dans The Liberties, une séquence poétique expérimentale qui recourt au récit fragmenté et au collage pour explorer la mémoire historique et la place faite aux femmes. La deuxième des 3 parties, God's Spies, met en scène Esther Johnson (l'amie et élève de Jonathan Swift, connue sous le nom de Stella) et Cordelia, la plus jeune fille du roi Lear.
Pour cette nouvelle édition française, coéditée avec Bernard Rival et Bénédicte Vilgrain du Théâtre Typographique, les derniers poèmes « abstraits » de Howe ont été isolés et déployés dans un espace typographique plus large. La traduction française a été imprimée en typographie, tandis qu'une séquence de gravures sur bois de Stéphane Bordarier vient prendre la place de God's Spies — les « pages manquantes » du titre — et prolonge le mouvement du livre original, de la représentation vers l'abstraction. Bordarier a utilisé pour la couverture son caractéristique violet de Mars.

18 pages reliées. 2 gravures sur bois dépliantes. Couverture et texte de l'artiste en lithographie. 18,5 x 17,5 cm. Éd. 25.
Bordarier Deux est un livre relié de 18 pages, comprenant 2 gravures sur bois à déplier et un bref texte lithographié de l'artiste. Dans l'ensemble de son œuvre, Bordarier use d'une économie de moyens pour interroger la manière dont la couleur peut occuper et structurer une surface. Dans ces gravures, il réinterprète 2 de ses quadriptyques conservés dans les collections du Musée Fabre à Montpellier. À mesure que les images se déplient, les compositions peintes se reconstituent au fil du livre. Une page blanche les sépare, jouant le rôle du mur qui, dans une galerie, sépare 2 œuvres.

24 pages libres sous coffret. 13 lithographies de Vicky Colombet. Texte en typographie de Deborah Elliott Deutschman. 26,5 x 21,5. Éd. 35.
Depuis 2022, Vicky Colombet développe ce Book of Hours avec l'atelier, en collaboration avec l'écrivaine Deborah Elliott Deutschman. Le livre s'inscrit dans un ensemble plus vaste entamé par Colombet en 2008, comprenant peintures, dessins et œuvres sur verre.
Son point de départ est Les Très Riches Heures du duc de Berry, le célèbre manuscrit enluminé du XVe siècle. Les livres d’heures étaient des ouvrages de dévotion organisés autour des prières prévues pour les heures canoniales, qui faisaient entrer le cycle quotidien de la pratique religieuse dans la vie des laïcs, sont particulièrement célèbres pour leurs pages calendaires, où les activités saisonnières — semailles, moissons, chasse, réjouissances — se déploient dans des paysages minutieusement observés, devant les châteaux du duc de Berry.
Plutôt que d'illustrer directement le manuscrit médiéval, Colombet transpose son organisation du temps et du paysage dans une forme contemporaine. À l'aide de Google Earth, elle étudie les lieux représentés dans les pages de son calendrier et les transforme en dessins cartographiques.

10 pages reliées en spirale, en lithographie sur plastique transparent, sous emboîtage. 33 x 48 cm. Éd. 25.
Il s'agit d'un livre d'artiste purement visuel : en dehors du titre et du colophon figurant sur l'emboîtage, il ne comporte aucun texte. Son sens se construit par la superposition des images. Le livre réunit 7 images d'animaux, imprimées en lithographie dans un gris chaud sur des feuilles de plastique transparent, maintenues ensemble par une reliure en spirale. La séquence s'ouvre sur un petit hachoir à légumes. À chaque page tournée, un nouvel animal vient se superposer à ceux déjà visibles, transformant l'image composite et remplissant peu à peu tout le champ.
La reliure en spirale permet de recomposer la séquence dans un sens comme dans l'autre. Les images antérieures restent visibles à travers celles qui suivent, mais leurs formes sont progressivement altérées par chaque nouvelle couche. Le livre rend ainsi physiquement lisible le processus pictural de Corpet : l'information s'accumule par superposition, chaque ajout modifiant l'apparence de ce qui précède.
Imprimer une encre lithographique grasse sur du plastique posait une difficulté technique particulière. Les feuilles restaient collantes pendant plusieurs semaines — presque comme du papier tue-mouches — et devaient être maintenues séparées et surveillées de près jusqu'au séchage complet de l'encre.

Ensemble de 16 lithographies sous portfolio de toile avec page de titre et colophon. 35 x 25 cm. Éd. 10.
Artiste autrichien doté d'un instinct graphique extraordinaire — à 16 ans, il avait déjà réalisé 150 gravures sur bois —, Gunter Damisch dirige le département des arts graphiques de l'Académie des beaux-arts de Vienne pendant près de 20 ans, jusqu'à sa disparition prématurée en 2016.
16 Steingedichte est la première série lithographique de Damisch et l'une des toutes premières collaborations importantes de l'atelier. Notre collaboration débute au tout début des années 1990, et la série a été élaborée au fil de plusieurs séjours à Paris. Ses 16 compositions appartiennent au cosmos pictural que Damisch a développé tout au long de son œuvre : un monde peuplé d'êtres organiques, de formations cristallines et de structures cellulaires, évoluant sans cesse entre l'échelle du microcosme et celle de l'univers. Chaque composition est dessinée et imprimée à partir d'une petite pierre distincte, principalement en noir ; certaines comportent des couches de couleur supplémentaires, également dessinées directement sur la pierre. Chaque lithographie a été tirée à 21 exemplaires, et 10 séries complètes réunissant les 16 planches ont été présentées dans un portfolio en toile.

44 pages reliées sous emboîtage. 15 planches en couleur et 12 planches monochromes en lithographie. Textes de Pline l'Ancien et de Marc Desgrandchamps en typographie. 38 x 28 cm. Éd. 50 (les 25 premiers en version française, les autres en version anglaise).
Desgrandchamps a commencé à travailler à l’atelier en 2002. Après plus d’une décennie de collaboration, Fragments est devenu à la fois son premier livre d’artiste et sa première exploration approfondie de la couleur par la lithographie sur pierre.
Entamé en 2013 et publié en 2015, Fragments prend pour point de départ le livre XXXV de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, consacré à la peinture. Desgrandchamps avait d’abord envisagé de reconstituer des œuvres de peintres romains antiques qui ne nous sont connues qu’à travers les descriptions de Pline. Ces descriptions se révélant trop imprécises pour servir de modèles visuels, il a choisi de faire dialoguer des passages du texte avec des compositions fragmentées élaborées à partir de ses propres peintures. Le livre achevé réunit 15 compositions dessinées à main levée sur pierre et imprimées en 5 à 7 couleurs, réparties sur 44 pages reliées.
Pour donner au livre sa couleur et son rythme propres, Desgrandchamps a travaillé au point coquille, une technique lithographique exigeante du XIXe siècle, mise au point avant la séparation photomécanique des couleurs. À l’aide d’un stylo-plume, il a déposé les points à la main pour chaque séparation de couleur. La superposition des couches successives a permis de produire une large gamme de tons à partir d’un nombre restreint de couleurs. Ce travail sur les séparations a ensuite nourri les lithographies en couleur de grand format que Desgrandchamps a réalisées à l’atelier.

64 pages reliées sous emboîtage. 24 lithographies et un poème de l'artiste en typographie. 25 x 23 cm. Éd. 35.
Pinocchio est l'un des sujets centraux de la collaboration de 15 ans entre Jim Dine et l'atelier. Dine a dit porter ce personnage sur son dos « comme un paysage depuis l'âge de six ans ». Attiré par la figure plus sombre et plus complexe du récit original de Carlo Collodi, il revient sans cesse à la vanité de Pinocchio, à ses erreurs de jugement et à ses transformations physiques. À partir du début des années 2000, nous avons imprimé de nombreuses œuvres consacrées à la marionnette de bois, notamment les illustrations lithographiques grand format de Dine pour une édition publiée par Steidl.
Donkey in the Sea Before Us est notre second livre issu de cette exploration continue. Dine y délaisse l'échelle monumentale des lithographies précédentes pour une collection de pierres du XIXe siècle, autrefois utilisées pour imprimer des étiquettes commerciales, dont la plupart ne dépassent pas la taille d'une carte postale. Il traite ces surfaces restreintes avec la même liberté de geste que ses plus grandes pierres, produisant une série de portraits de Pinocchio en noir et blanc. Leurs dimensions et leurs formes, toutes différentes, participent du rythme du livre : certains occupent une page à eux seuls, d'autres se succèdent ou se regroupent.
Le long poème de Dine est intercalé entre les portraits et imprimé en typographie composée à la main par Ruth Lingen, à New York. Nos 2 ateliers ont travaillé ensemble pendant environ 18 mois pour mener le livre à bien : nous imprimions les lithographies à Paris, et la typographie à Brooklyn.


64 pages reliées sous emboîtage. 18 linogravures et un poème de l'artiste en typographie. 42 x 32,5 cm. Éd. 40.
My Letter to the Troops est un texte confessionnel que Jim Dine adresse aux collaborateurs, amis et proches qui composent la communauté réunie autour de sa vie et de son œuvre. Son long poème, d'une grande fluidité, passe des souvenirs d'enfance aux réflexions sur sa pratique artistique et à des méditations philosophiques.
Dine a donné une présence physique à cette communauté à travers des portraits gravés à main levée sur linoléum : imprimeurs, lecteurs, assistants et correcteurs, mais aussi son épouse, sa petite-fille, lui-même et un hommage posthume au maître imprimeur Aldo Crommelynck. 15 des 20 planches du livre représentent des imprimeurs, faisant de l'ouvrage à la fois un hommage à la profession et un portrait collectif des nombreuses mains impliquées dans sa fabrication.
Publié à 40 exemplaires à l'occasion du 80e anniversaire de Dine, le livre a été célébré sous la verrière de l'atelier, où l'artiste a lu son texte. Ses linogravures en couleur ont été imprimées à la main sur vélin d'Arches. Le poème a été imprimé en typographie à la S.A.I.G. par François Huin et son machiniste, Monsieur Hue, dans l'un de leurs derniers projets.

40 pages reliées sous couverture en bois, glissées dans un emboîtage de papier. Technique : lithographie originale, gravure sur bois, collage, intervention manuelle, typographie, monotype, impression pigmentaire et découpe laser. 29,5 x 25 cm. Éd. 40.
Blaise Drummond et moi avons conçu Know Your Trees, livre d'artiste de 40 pages, pendant près de 5 ans. Plutôt que de construire un récit, Drummond a puisé dans des années de carnets, réunissant des arbres, des oiseaux, des études de couleur et des observations fugaces qui gardent trace de la manière dont les images et les idées naissent du travail en atelier. Un petit dessin, réponse à la Madone du pré de Bellini, l'a ramené aux Géorgiques de Virgile, un texte qu'il avait découvert alors qu'il étudiait la philosophie et les lettres classiques.
Des passages choisis des Géorgiques traversent le livre sans jamais être directement illustrés. Ils entrent plutôt en résonance avec un ensemble inattendu d'images : croquis de nids, maisons suédoises cernées de broussailles, étiquettes de caisses à fruits, photographie de Léon Tolstoï avec Maxime Gorki, et un hommage à Fairfield Porter sous la forme d'une corde à linge tendue entre des bouleaux. Ensemble, le texte et les images proposent une méditation sur la manière dont nous observons, nommons et cultivons la terre, et dont nous en prenons soin.
À l'atelier, ces fragments ont été réunis en une structure unique par la lithographie, la gravure sur bois, le collage, la typographie, le monotype, l'impression pigmentaire, la découpe laser et l'intervention manuelle — autant de procédés mis en œuvre au fil de 14 années de collaboration. Le livre a été lancé à l’atelier avec une lecture de Drummond et une autre de l’écrivain et traducteur Frédéric Boyer, suivies d’une conversation avec Boyer autour de sa traduction des Géorgiques.

12) Frédérique Loutz — Hansel & Bratzel, 2006–2007
54 pages reliées sous couverture en cuir, avec une lithographie supplémentaire en feuille libre insérée, emboîtage cartonné. Lithographie rehaussée à la main sur papier japon. 31 x 24 cm. Éd. 40.
Dès notre première rencontre, avant même d'avoir réalisé la moindre estampe ensemble, Frédérique Loutz a proposé de commencer par un livre. Sur le point de partir pour une résidence d'un an à la Villa Médicis, à Rome, elle a emporté une pile de feuilles de report lithographique d'un format fixe. Travaillant uniquement à la plume et à l'encre noire, sans crayon ni lavis, elle a quitté Paris avec l'idée initiale de composer une sorte de livre de cuisine inspiré de son séjour romain.
Ce qu'elle a rapporté un an plus tard se révèle bien plus complexe : des centaines de dessins organisés autour du bretzel, que Loutz associait à la fois à Rome et à son enfance en Lorraine. Ces dessins se sont mêlés au conte de Hansel et Gretel, des fragments d'architecture romaine venant prendre la place de la maison de la sorcière. Imprimées sur un papier japon ocre, fin et translucide, les images restent visibles à travers les feuillets une fois le livre relié, de sorte que recto et verso se superposent et se transforment mutuellement au fil des pages.

3 coffrets (bleu, blanc, rouge), comprenant chacun 11 lithographies et 3 ou 4 textes sur papier japon 38g. 11 poèmes d'Ernesto Castillo. 33 x 33 cm. Éd. 33.
Après avoir lu la tragédie Phèdre de Racine, Frédérique Loutz a réalisé 33 dessins, chacun conçu comme une variation autonome et très personnelle sur l’œuvre, sans former pour autant une illustration continue du récit. Elle travaillait alors fréquemment au format carré et concevait des pochettes de disques 33 tours. Elle a apporté à l'atelier 33 dessins réalisés sur feuilles de report lithographique, mesurant chacun 33 x 33 cm.
Ensemble, nous avons organisé les dessins en 3 « albums » de 11 images, accompagnés de poèmes du poète colombien Ernesto Castillo. Chaque album a été placé dans un coffret inspiré des ensembles de disques de musique classique, dont le couvercle est orné d’une linogravure de Loutz représentant un disque en rotation. Cette structure confère à la séquence des dessins le rythme d'un enregistrement musical : 3 albums distincts, dont les images peuvent être regardées séparément tout en appartenant à une composition plus vaste.

Coffret de 10 livres d'artiste, dont 9 en lithographie et gravure sur bois. Le n°10 comprend des poèmes d'Ernesto Castillo en typographie. 13,5 x 9,5 x 11,5 cm. Éd. 50.
En allemand, anders signifie « autre » ou « différent » ; le mot évoque également le nom de Hans Christian Andersen. Le projet est né d'un voyage que j'ai fait à Dublin, où j'ai découvert une exposition consacrée aux découpages de papier pleins de fantaisie d’Andersen, que l'écrivain dépliait et intégrait à ses récits. J'en ai rapporté l'idée à Loutz, et nous l'avons développée ensemble à partir de la structure pliée de 2 expériences antérieures de livres pliés de petit format.
Anders réunit 10 petits livres d'artiste dans un même coffret. Chacun est construit à partir d'une seule feuille de papier, imprimée sur une face et fendue en son centre. Par une séquence précise de pliages, la feuille devient un livre de 12 pages, avec premier plat, dos et quatrième de couverture ; dépliée, elle redevient une image imprimée unique. Les livres peuvent ainsi se lire page à page, ou se déployer pour être regardés comme des compositions à part entière. Loutz puise dans les contes d’Andersen non pour les illustrer directement, mais pour en faire le point de départ d’une exploration de l’ambiguïté et de la transformation.

15) Pierre Mabille — Les Frissons, 1986
24 pages libres sous chemise de toile. Toutes les pages en lithographie et linogravure. Texte de l'artiste en lithographie. 29 x 28 cm. Éd. 30.
Les Frissons est le premier livre d'artiste réalisé dans mon atelier. Mabille et moi travaillions ensemble depuis 1982 environ, à l’époque où j’étais à l’atelier Bordas, et il a continué à travailler avec moi lorsque j’ai ouvert mon propre atelier en 1985. Dès le départ, il a conçu le livre dans son entier — texte, images et mise en page — y compris 3 doubles pages centrales, également tirées en plus grand nombre et vendues séparément comme œuvres autonomes. Certaines pages ont été réalisées en lithographie ; pour d'autres, Mabille a gravé les images directement dans le linoléum. Travailler avec lui sur ces pages était ma première expérience de la linogravure, introduisant ainsi dans la pratique de l’atelier une technique qui allait occuper une place importante dans de nombreux projets ultérieurs.

68 pages libres avec couverture. Lithographie et linogravure. Texte de Pierre Tilman en lithographie. 22,5 x 17,5 cm. Éd. 50.
Pour notre second livre, Mabille invite le poète Pierre Tilman, qui a apporté avec lui le titre et un ensemble de courts textes inédits. Mabille les a intégrés à sa mise en page et les a tapés sur papier calque avec sa machine à écrire Underwood no 6, afin de permettre leur report direct sur les plaques lithographiques. Les textes ont été ensuite imprimés sur des papiers allant du papier à lettres ordinaire au vélin fin.
Le livre ne possède aucune reliure conventionnelle. Sa structure change sans cesse : la plupart des sections prennent la forme de cahiers de 4 pages, tandis que d’autres se réduisent à une simple feuille ou se prolongent par des rabats. C'était ce que nous appelions un livre « de cuisine » — un projet réalisé entièrement au sein de l'atelier, sans recours à des relieurs, des fabricants de coffrets ou des typographes extérieurs. Chaque aspect de sa forme est né directement du processus de travail partagé entre l'artiste, le poète et l'imprimeur.

32 pages reliées sous coffret en bois. Lithographies de l'artiste et de Demosthènes Davvetas. 27 x 21 cm. Éd. 300.
William MacKendree est l'un des premiers artistes avec lesquels j’ai travaillé étroitement après l'ouverture de mon atelier sur l'Île Saint-Louis. Météores est né d'une expérience de collaboration de 2 semaines : MacKendree et le poète grec Demosthènes Davvetas ont vécu et travaillé ensemble, dessinant et écrivant sur les mêmes feuilles de report lithographique. Leurs contributions s'entremêlaient si étroitement que, sur de nombreuses pages, il est devenu impossible de distinguer la main du poète de celle du peintre. Ensemble, ils ont produit des centaines de feuillets, parmi lesquels nous avons retenu et ordonné 32 pages. Nous voulions que le livre puisse être manipulé et lu, et qu’il demeure accessible plutôt que de devenir un objet précieux réservé à quelques-uns. Il a donc été imprimé à 300 exemplaires, proposé au prix le plus modeste possible, et diffusé par des librairies spécialisées à Paris.

24 pages reliées. Images et textes en lithographie. Titre et colophon en typographie. 30 x 34 cm. Éd. 35.
Pour un voyage de 3 semaines à travers l'Islande, j'avais préparé pour MacKendree un matériel complet : feuilles de report lithographique, crayons, encres, grattoirs et gommes. Il l’a presque aussitôt délaissé. À la place, il a recueilli du sable volcanique noir, le mélangeant à de la gomme arabique diluée, et s'en est servi pour peindre directement sur les feuilles de report. De retour à Paris, le résultat à l’impression s’est révélé remarquable. Il est revenu avec près de 100 compositions réalisées sur place, parfois dans des conditions extrêmes ; les dessins sont restés plusieurs semaines disposées sur le mur de l’atelier avant que nous parvenions à établir la structure du livre. Des mots islandais glanés au fil du voyage ponctuent le livre comme autant de bornes le long d'une route. Dans les paysages, les animaux et les maisons, la présence granuleuse du sable volcanique demeure inscrite au cœur des images.

32 pages libres. Images et texte en lithographie. 19 x 15 cm. Éd. 300.
Le compositeur et contrebassiste américain Marc Marder venait souvent à mon premier atelier, où nous avons imaginé pendant des années une série de livres réunissant les mots et les dessins de musiciens. Georges Aperghis est venu à l’atelier, et nous avons également proposé le projet à Pascal Dusapin et à Henri Dutilleux, qui habitait dans la même cour. Le seul projet qui ait finalement vu le jour a été celui de Marder, While You Were Out : le récit oblique de sa formation de musicien aux États-Unis, raconté à travers Benny, une vache qui joue du saxophone.
Le livre a été entièrement réalisé au sein de l'atelier — couverture, impression, pliage et assemblage — sans qu'aucune étape de sa fabrication ne soit confiée à l'extérieur. La première édition, tirée à 40 exemplaires et imprimée à la main, a été immédiatement épuisée. Nous sommes alors passés à la presse lithographique mécanique de l'atelier Jacques Champfleury pour produire une seconde édition de 300 exemplaires.

36 pages reliés. 10 Bois gravés. 29.7x21 cm. Ed. 1/1
Ce projet de livre est resté inachevé, en raison de contraintes de temps et d’argent ainsi que des déménagements successifs de l’atelier. Seul ce premier prototype subsiste. Sans texte, il explore la manière dont les formes de Maurige interagissent et se transforment au fil des pages. Pour le réaliser, nous avons puisé dans une réserve de formes en bois utilisées au fil de nombreuses années d’impression en gravure sur bois, et les avons recombinées pour créer les formes requises par la mise en page.

21) Miquel Mont — Un produit idéologique..., 1998
18 pages reliées en spirale. Lithographie, gravure sur bois et linogravure. 20 x 30 cm. Éd. 9.
Un produit idéologique... examine la manière dont des formes et des matériaux contrastés se transforment mutuellement lorsqu'ils sont physiquement superposés. Chacune des 9 compositions s'ouvre sur une forme plate et nettement définie, imprimée en linogravure ou en gravure sur bois sur vélin blanc. Par-dessus vient se poser une seconde forme, plus picturale, tracée au pinceau, au lavis ou à l'encre projetée et imprimée en lithographie sur plastique transparent. La feuille de plastique est fixée au papier afin que les 2 formes soient visibles simultanément : aucune image ne demeure indépendante, chacune modifiant la couleur, la densité et le caractère spatial de l’autre. C’est précisément dans leur combinaison que réside le propos du livre.
Les 9 compositions ont été tirées à 35 exemplaires. 9 exemplaires ont été assemblés en livres, avec un texte de Mont sur la couverture. Pour accueillir ces pages inhabituellement rigides et superposées, nous avons choisi un épais carton bleu pour les deux plats, réunis par une reliure en spirale.

32 pages reliées. 6 lithographies et gravures sur bois. Poème d'Emily Dickinson en typographie, avec traduction française d'Yves Bonnefoy en lithographie. 20 x 48,5 cm. Éd. 30.
Ce livre prend pour point de départ le poème d’Emily Dickinson I died for Beauty—but was scarce, dans lequel deux personnages reposant dans des tombeaux voisins dialoguent, évoquent leur sort et se consolent. Leur échange se poursuit jusqu'à ce que la mousse atteigne leurs lèvres et recouvre leurs noms, mettant fin à la fois à la parole et à l'identité. Ostovani répond à cet effacement progressif par un motif de feuillage qui s'épaissit au fil du livre. L’ouvrage a reçu en 2014 le Grand Prix de bibliophilie décerné par l’Académie des beaux-arts à Paris.

20 pages libres sous emboîtage métallique orné d'une sculpture en bronze. Transfert au trichloréthylène. 48 x 32,5 cm. Éd. 20.
Le titre repose sur une anagramme : Le Monde, le quotidien français, devient Le Démon. Pencréac’h s’est emparé de pages du journal, que nous avons inversées en les transférant directement sur vélin d’Arches. Il en bouleverse ensuite le sens en y insérant des images tirées de ses peintures et d'autres sources. Sur 20 pages, la mort, l’art et le sexe entrent en collision avec l’actualité et font naître les mêmes affrontements violents entre les formes qui caractérisent ses peintures et ses assemblages.
Chaque exemplaire est logé dans un emboîtage de fer et de bronze, orné individuellement d'un squelette, d'un char ou d'un autre motif martial, donnant le ton avant même l'ouverture du livre. Par l'inversion et le déplacement, le quotidien familier devient un objet symbolique tout autre.

44 pages reliées sous emboîtage métallique orné d'une sculpture aimantée en bronze. 20 collages en transfert au trichloréthylène. Texte de l'artiste tamponné à la main. 31,5 x 26 cm. Éd. 20.
Pour son second livre d'artiste réalisé à l'atelier, Pencréac'h réunit une série de collages érotiques explorant les dimensions douloureuses et destructrices de l'amour. Pour les reproduire, nous avons mis au point un procédé de transfert direct des images sur du papier de verre. Sa surface abrasive n'est pas un simple support : elle confère aux images une rugosité physique indissociable de leur sujet. Le livre est enfermé dans un coffret métallique orné d’une sculpture aimantée en bronze figurant une bouche, elle-même fermée par un cadenas et ouverte à l’aide d’une clé. Conçu comme un objet scellé et clandestin, ce dispositif fait de l’accès même au livre une partie de l’œuvre.

44 pages reliées sous coffret en bois. 22 lithographies. Texte de D.O.A. en lithographie. 40 x 40 cm. Éd. 40 (les 20 premiers en français, les 20 suivants en anglais).
POWER réunit les portraits photographiques de 20 dirigeants politiques en exercice en 2020 et un texte du romancier D.O.A. Les portraits ont été choisis parmi des images du domaine public. Dans chacun d’eux, le dirigeant regarde droit dans l’objectif. Face à chaque portrait officiel est placée une image de citoyens réunis dans la capitale du pays concerné, soit pour protester contre le dirigeant, soit pour lui manifester leur soutien. La confrontation entre ces deux images — la figure individuelle de l'autorité et le corps collectif qui lui répond — constitue le principe organisateur du livre.
Les 40 photographies ont été imprimées à la main en photolithographie, les textes qui les accompagnent étant composés en Futura et imprimés en typographie. Pour l'édition de luxe, le livre est logé dans un coffret en bois. Le motif en damier a été sérigraphié à la main, et une pièce d’échecs — un roi en bronze — a été fixée sur le couvercle, prolongeant jusque dans l'objet qui le contient le thème du pouvoir déployé par le livre.

48 pages non reliés. Lithographie. 21 x 14,5 cm. 40 ex.
Chaque matin, j'accompagnais ma fille Lou à l'école. Une conversation avec son instituteur de CP, M. Grigorieff, a donné naissance à l'idée d’inviter toute la classe — 30 enfants — à réaliser ensemble un livre lithographique. J’ai découpé des feuilles de report aux dimensions des pages et distribué à la classe un assortiment de feutres. Chaque enfant a dessiné soit un autoportrait, soit le portrait de la personne qu'il s'imaginait devenir. Ceux qui avaient commencé à écrire ont ajouté un court texte décrivant leur image.
Chaque enfant a reçu un exemplaire du livre. La classe est venue à l'atelier pendant l'impression, et chaque élève a pris place à son tour devant la presse pour en faire tourner la roue une fois.

80 pages reliées sous emboîtage de toile. Monotype et un petit nombre de lithographies originales ; poème de l'artiste imprimé en lithographie. 34 x 25 cm. Éd. 15.
All New Ghosts est né de l’une des idées les plus absurdes qu’on m’ait jamais proposées : réaliser, presque entièrement à partir de monotypes, un livre d’artiste tiré en plusieurs exemplaires. Une édition suppose ordinairement la production d'un ensemble d'exemplaires identiques, alors qu'un monotype est, par définition, une empreinte unique qui ne peut être tirée qu'une seule fois. Schwarzwald a proposé de réaliser 20 versions de chaque composition, assez proches par leur échelle, leur placement et leur structure pour constituer 15 livres suivant tous la même séquence. Les livres partageraient une même architecture, mais chaque image — et donc chaque exemplaire — resterait unique.
Le projet a duré 5 ans. Schwarzwald est revenu à Paris pour 7 ou 8 séances intensives d'une semaine chacune, mobilisant toutes les forces et toutes les presses disponibles à l’atelier. Il travaillait à la poche à douille, à la spatule, à la raclette, aux marqueurs de graffiti et au rouleau, répétant chaque composition tout en préservant la liberté et l'immédiateté du geste propres au monotype. Maintenir cette continuité exigeait une concentration extraordinaire ; en travaillant, il glissait dans un état proche de la transe.
Schwarzwald a d’abord envisagé d'inventer un système de signes pour le texte, avant de se décider à écrire un poème, ce qui lui a pris près de 3 ans. Le poème qui en résulte, sa première œuvre littéraire publiée, explore les fantômes et le corps, la présence physique et les formes de vie désincarnées dans les ordinateurs et sur Internet. Organisé en chapitres définis par la couleur, le livre achevé réunit 26 monotypes, 7 lithographies originales, 2 images en transfert direct et 15 pages de texte imprimées en lithographie. La séquence des images a été fixée très tôt et demeura remarquablement stable tout au long du processus, tandis que le texte, lui, n’a cessé d'évoluer.

Livre relié de 12 pages, sur papier japon immergé dans la cire d'abeille. Texte de Thomas Lux. Lithographie, couture, découpe. 24 x 18 cm. Éd. 25.
You're alone est né de l'exploration, par José Maria Sicilia, de ce que l'on pourrait appeler le « multiple original » : une image imprimée transformée par une intervention matérielle directe, de sorte que chaque exemplaire devient singulier. Après Spellbound, notre première série d'estampes sur papier japon immergées dans la cire d'abeille, nous avons voulu transposer cette technique dans un livre relié. La cire conférait au papier une translucidité et un poids inattendus, rendant indissociables l'image imprimée, la reliure et la matière elle-même.
Sicilia avait découvert, dans le roman Suicide Hill de James Ellroy, une épigraphe attribuée au poète américain Thomas Lux. Elle est devenue le point de départ d’une séquence de papillons, de crânes, d’insectes et d’animaux, composée au moyen de la lithographie, de papiers découpés et de fils cousus. Les 12 pages ont été cousues ensemble avant que le livre ne soit plongé dans la cire d'abeille. Publié à 25 exemplaires, You’re alone est devenu un jalon fondateur de la longue collaboration de Sicilia avec l’atelier.

29) José Maria Sicilia — Le Livre des Mille Nuits et Une Nuit — Volume I, 1996
30 pages reliées. Interventions en lithographie, linogravure et rehauts à la main. 32 x 25 cm. Éd. 20.
Le projet est né en 1994, lorsque Sicilia m'a appelé en urgence depuis une librairie de la rue Monsieur-le-Prince. Il venait d'y trouver une édition du Livre des Mille Nuits et Une Nuit en 8 volumes, parue en 1913, réunissant plus de 3 000 pages dans la traduction française du docteur J.-C. Mardrus. Sur chaque page, l'encadrement ornemental entourant le texte change de couleur et de forme. Nous avons acheté l'ensemble sur-le-champ.
À l'atelier Houdart, les 8 volumes ont été déreliés. Nous avons calculé que leurs pages pouvaient être réparties, par ensembles d’environ 24, entre 120 livres. Plutôt que de constituer une seule édition de 120 exemplaires, nous avons conçu un projet pour toute une vie : 6 volumes successifs, chacun tiré à 20 exemplaires. Sicilia a travaillé directement sur les pages de l’édition Mardrus, et y inséra des folios supplémentaires de papier japon. Chaque exemplaire contenant des pages différentes de l'édition source, les livres partagent une même structure sans être identiques.
Dès le départ, Sicilia tient à ce que le projet ne reproduise pas des solutions déjà connues. Chaque volume devait fonctionner comme un laboratoire, où techniques, images et matériaux pouvaient être mis à l'épreuve, anticipant souvent des évolutions dans ses peintures et ses estampes. Le volume I a établi ce principe en associant lithographie, linogravure et interventions manuelles sur les pages originales.

30 pages reliées. Interventions en lithographie, linogravure et rehauts à la main. 32 x 25 cm. Éd. 20.
Le Volume II prolonge l'imagerie des voiles et des fleurs introduites dans le premier livre, en explorant des combinaisons qui ont ensuite donné naissance à la série Les Orifices de Sicilia (1998-2000). D'autres expérimentations restent propres à ce volume : empreintes d'animaux, figure de l'ibis, anneaux de suspension métalliques autrefois utilisés dans les maisons indiennes, et images produites à l’aide d’un kaléidoscope qu’il avait fabriqué lui-même. Sicilia n'illustre jamais directement les récits. Les pages de l’édition Mardrus demeurent un support matériel et visuel sur lequel viennent se greffer de nouvelles formes, masquant certaines parties du texte tout en en laissant subsister des fragments. La lithographie, la linogravure et les rehauts à la main font de chaque exemplaire une variation singulière au sein de l'édition de 20.

50 pages reliées. Interventions en lithographie, linogravure, monotype et rehauts à la main. 32 x 25 cm. Éd. 20.
Lorsque Sicilia a repris le projet pour le Volume III, son travail avait entièrement changé. La cire d'abeille, les fleurs et les voiles des 2 premiers volumes avaient cédé la place au sonagramme — une visualisation numérique du son. Il travaillait à partir d'enregistrements qu'il réalisait lui-même ou trouvait en ligne : le cri d'un oiseau, l'origine abyssale d'un tsunami, un simple souffle. Ces traces visuelles étaient agrandies, fragmentées, puis traduites en peinture et en estampe. Les motifs linéaires qui traversent une grande partie du livre sont les transcriptions de différents chants d’oiseaux, qui apparaissent ici pour la première fois dans la série.
Au centre du livre, des folios parfumés en papier japon évoquent les motifs de jardins paradisiaques des tapis persans. Ils constituent un dernier lien avec un ensemble antérieur, notamment le tapis monumental que Sicilia a réalisé avec nous sur des plaques de plâtre pour une exposition au Louvre en 2003.

50 pages reliées. Interventions manuelles en lithographie, gravure sur bois et broderie. 32 x 25 cm. Éd. 20.
Avec le Volume IV, le sonagramme devient central dans la pratique de Sicilia. Il a enregistré le son de la couture, le plus souvent réalisée à la machine, et en a transformé la trace visuelle en formes qu'il brodait ensuite sur le tissu. Le livre s’ouvre et se referme sur de denses champs de chiffres binaires superposés aux pages originales, dont ils rendent le texte illisible. Entre ces 2 ensembles, des gravures sur bois imprimées sur papier japon isolent et agrandissent des détails tirés des sonagrammes, tandis qu'un sonagramme brodé occupe le pli central. Le volume s'achève sur 4 sonagrammes en « daguerréotype », chacun tiré du chant d'un oiseau différent. Sur ses 50 pages, lithographie, photogravure, gravure sur bois et broderie font passer le son enregistré de l'image numérique à la marque imprimée puis au trait cousu.

32 pages reliées sous chemise cartonnée. 9 lithographies. Texte de Laurent Busine en typographie. 30 x 21 cm. Éd. 30.
Alors qu'il travaillait simultanément sur sa série de lithographies Les Orifices et sur Le Livre des Mille Nuits et Une Nuit, Sicilia a demandé à l’historien d’art belge Laurent Busine d'écrire un conte à la manière des Nuits, sur l'art d'aimer les 9 orifices du corps. Sicilia y a répondu par 9 fleurs lithographiées, réparties dans le livre en dialogue avec le texte et avec la série plus vaste alors en cours.

7 pages reliées sous emboîtage. Transferts de fleurs. 37,5 x 51,5 cm. Éd. 1/1.
Après une longue période pendant laquelle il avait peint des fleurs directement sur des pierres lithographiques pour Les Orifices, Sicilia a commencé En flor, une série dans laquelle nous avons écrasé des fleurs fraîches entre des feuilles de papier japon sous la presse, laissant leurs couleurs naturelles se diffuser à travers les fibres translucides. Chaque œuvre était unique. Au fil de la série, nous avons observé que certaines fleurs conservaient leur couleur bien plus longtemps que d'autres. Pour La luz que se apaga, Sicilia n’a retenu que les fleurs dont les taches s'étaient révélées les plus stables à la lumière, réunissant 7 compositions en un seul volume. Comme chacune des œuvres d’En flor, le livre n’existe qu’en un seul exemplaire. À mi-chemin entre l'herbier et le carnet d'aquarelles de paysage, le livre refermé protège ses couleurs fugitives de la lumière et prolonge leur durée de vie.

16 pages reliées sous emboîtage. Lithographie et taches façon Rorschach. 6 poèmes de Jacques Dupin en typographie. 33,5 x 22 cm. Éd. 37.
Impromptu a marqué l’aboutissement d’un ensemble d’œuvres réalisées la même année sous le titre La luz que se apaga. Sicilia a imprimé ses compositions d’insectes au verso d’un papier japon translucide, qui les dissimule en partie. Au recto, il a appliqué à la main des taches évoquant celles du test de Rorschach, laissant apparaître à travers le papier certaines parties des images sous-jacentes.
Le poète français Jacques Dupin a contribué au livre avec 6 poèmes, répartis au fil des pages et imprimés dans différentes nuances de gris. La couverture a été réalisée dans un papier népalais organique fortement texturé. Comme les autres livres de Sicilia, Impromptu s’ouvre sans page de titre ni page de crédits conventionnelle : seul le titre apparaît au début, tandis que les noms de l’artiste, de l’auteur et de l’éditeur figurent dans le colophon.

3 livres reliés de folios de 8 pages sous emboîtage de toile. Lithographie et linogravure. 34 x 22 cm. Éd. 37.
Au début de 1993, Sicilia a cessé d’immerger ses éditions dans la cire d’abeille et est revenu à un travail exclusivement sur papier. La translucidité des œuvres traitées à la cire restait cependant importante pour lui. Il souhaitait trouver un papier offrant un effet comparable et lui permettant de travailler sur les 2 faces. Nous avons testé plusieurs papiers japonais avant de choisir le Bunko Shi, qui s’est révélé idéal.
La série d’estampes et le livre du même titre ont été réalisés selon le même procédé. Sicilia a peint au lavis, sur des pierres lithographiques, des formes circulaires évoquant des ruches. Après leur impression, il a ajouté un dessin lithographique noir représentant des abeilles en vol. Il a ensuite replié chaque feuille vers l’intérieur à partir de ses 2 extrémités, en laissant un étroit espace à travers lequel une partie de la composition restait visible. Des formes oblongues découpées dans le linoléum ont été imprimées sur les plis avec un vernis ocre. Sicilia cherchait ainsi à évoquer les variations de lumière et d’ombre à l’intérieur d’une ruche.
Le livre prolonge cette idée en permettant au lecteur de créer différents chevauchements lorsqu’il tourne et déplie les pages. Le premier prototype nous a montré qu’un seul volume serait trop difficile à manipuler en raison des pliages successifs. Nous avons donc divisé le projet en 3 volumes reliés, afin de laisser davantage d’espace aux images.

40 pages reliées sous coffret. Lithographie et découpe laser. 28,5 x 38 cm. Éd. 40.
Pendant l’été 2023, Peter Soriano a passé plusieurs semaines à Ilulissat, au Groenland, à observer et à dessiner les icebergs dérivant dans la baie de Disko. C’était la pleine saison du vêlage, lorsque d’immenses masses de glace se détachent du glacier et commencent à dériver vers le sud. Des icebergs de la taille d’un pâté de maisons ou d’un immeuble de 10 étages pouvaient rester apparemment immobiles pendant plusieurs jours, puis disparaître presque sans qu’on s’en aperçoive, tandis que d’autres prenaient lentement leur place.
Soriano a développé les images du livre sur une longue période, à Paris, à Berne, à New York et à Penobscot, dans le Maine. À partir des croquis et des photographies réalisés pendant son séjour au Groenland, il a dessiné directement sur des feuilles de report lithographique. Les images sont accompagnées d’un extrait de Burnt Norton (1936) de T. S. Eliot, dans la traduction française de Pierre Leyris, ainsi que d’un passage d’Ice Rivers (2021) de Jemma Wadham.

18 pages libres. Images en linogravure. Texte de l'artiste en lithographie. 38 x 26 cm. Éd. 30.
À l’atelier, Barthélemy Toguo a proposé un projet inattendu inspiré du calendrier Pirelli : une suite de 12 linogravures — 1 pour chaque mois — imprimées en bleu électrique et présentées dans un coffret. Les figures hybrides, gravées avec audace, accompagnent un texte de l’artiste consacré à une jeune femme changeante nommée Lola. À travers ces formes graphiques, la suite explore le désir charnel, la solitude et le plaisir physique comme des dimensions étroitement liées de l’expérience du corps.
Le livre a ensuite été acquis par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York pour ses collections.

50 pages libres sous emboîtage. Lithographie rehaussée à la main. 27 x 21 cm. Éd. 200.
Après plusieurs années de collaboration, le peintre hyperréaliste Claude Yvel, spécialiste des techniques des maîtres anciens, est venu me proposer de réunir dans un livre tout ce qu’il savait de la peinture à l’huile. Aucun éditeur n’avait souhaité publier un tel projet. Nous avons donc décidé de le réaliser nous-mêmes sous la forme d’une édition limitée.
Yvel a dessiné directement sur pierre lithographique chaque étape du processus, depuis la préparation des matériaux jusqu’aux instructions permettant de fabriquer soi-même ses pinceaux. Pour la dernière partie du livre, il a fait appel à des amis imprimeurs en Suisse afin de reproduire en couleur un ensemble de ses peintures.
Une fois le prototype achevé, les pierres ont été transportées à l’atelier Jacques Champfleury, où 200 exemplaires ont été imprimés sur une presse lithographique mécanique. Un an après la publication du livre, un éditeur a repris le projet et publié le premier traité de Yvel destiné à une large diffusion. Plusieurs éditions révisées ont paru au cours des décennies suivantes.

44 pages reliées ; images et texte de l'artiste, lithographie et linogravure. 42,5 x 33 cm. Éd. 30.
Otto Zitko étend le dessin au-delà des limites du papier et de la toile. Ses lignes continues et gestuelles occupent les murs et les espaces architecturaux, tandis que ses compositions denses, qui couvrent tout le champ, transforment la perception de l’espace. Polyne constitue une exception dans cette œuvre par ailleurs rigoureusement abstraite : le livre associe un texte de Zitko à une série de portraits de femmes.
Ce livre de grand format a été conçu comme un hommage aux grands livres d’artiste publiés en France au milieu du XXe siècle, en particulier ceux de Tériade, fondateur de la revue Verve. Nous voulions en retrouver l’ampleur et la présence physique de la lithographie originale, une tradition que j’avais découverte à mes débuts à l’atelier Bordas et auprès de Mourlot.
Le format a déterminé chaque étape de la fabrication. Les feuilles étaient trop grandes pour imprimer plus de 1 page à la fois : chaque page a donc dû être mise au point et imprimée séparément. La préparation des épreuves a demandé plusieurs mois, et l’impression puis l’assemblage de l’édition ont pris plus de temps encore. Le livre transpose ainsi l’approche expansive du dessin propre à Zitko dans une séquence à la fois intime et architecturale.
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